Screen Shot 2017-03-01 at 11.56.36 AMJe m’appelle BLACKMAN BAUSI et je suis né à Goma le 06 mai 1991 sous le nom CLAUDE MAOMBI. Elevé par ma grand-mère maternelle qui a pris soin de moi, c’est pour cette raison qu’on me surnomme MTOTO WA TATE. Je n’ai pas eu cette grâce de vivre avec mes deux parents et c’est à l’âge de 12 ans que j’ai demandé à ma grand-mère : où est mon père ? Elle m’a répondu que j’étais le fruit du viol. Je maudissais le jour où j’étais né et je pleurais de voir comment je suis un sujet de malheur pour ma maman. J’imagine comment les autres enfants sont considérés comme une bénédiction dans leurs familles mais pour ma part, je me trouvais tel un malheureux fardeau qui était laissé chez sa grand-mère. Je vivais sans vision ni objectif. La seule chose que j’attendais, c’était la mort. Ma passion pour la musique m’a poussé à accepter de me lancer dans une compétition musicale nommée « Show Talent », organisée par UN JOUR NOUVEAU. J’avais 20 ans et c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à vivre mon jour nouveau. Au-delà de la compétition, j’ai appris le cours de leadership et l’éveil du fils du Congo.

Enfin, j’ai compris une chose : « vous ne pouvez pas changer tout ce qui vous arrive mais vous avez le choix de faire face à ce qui vous arrive ». Auparavant, je chantais pour chanter et je cherchais à être comme toutes les stars. Mais avec mon histoire et par les enseignements reçus sous le leadership de pasteur Camille et pasteur André qui fût mon premier mentor, j’ai compris que j’avais une mission spécifique. J’ai pris conscience que je ne suis pas comme tout le monde car comme mon mentor, le pasteur Camille nous disait : «  ce qui te met en colère peut déterminer ce que tu es appelé à résoudre ». Etant donné que la guerre, les viols et les larmes des innocents me mettaient vraiment en colère, c’est ainsi que je suis devenu la voix des sans voix. Je me suis alors décidé d’utiliser la même chose mais d’une manière différente. Si pour le monde, la musique est faite pour promouvoir des danses obscènes, pour ma part, je l’utilise afin de défendre mon peuple. Si cette musique peut être capable de faciliter les publicités de nos biens ainsi que le vote d’hommes non intègres, elle peut également imposer l’éducation, promouvoir la paix, donner de l’espoir à une génération désespérée. C’est ainsi que je rêve d’être un ambassadeur de la paix dans le domaine culturel car je suis né d’une nation où la majorité ne lit pas mais s’intéresse à la musique. Maintenant, la question est la suivante : quel genre de musique cette population écoute-t-elle ? Si ce n’est pas la publicité de l’alcool ou la nudité de la femme dans un pays en guerre, reconnu comme capital du viol et de champ de bataille.

Enfin, j’ai compris que mon grand problème n’est pas de savoir qui m’a rejeté mais plutôt qui m’a récupéré.

Mon « malheur » me donne un témoignage.